kettharas-erfoud-01
kettharas-erfoud-02
kettharas-erfoud-03
kettharas-erfoud-07
cop22
Les khettaras : Système d’acheminement de l’eau

 

Source : http://www.sud-maroc.com/2011/06/khettaras-sources-doasis/

 

On nomme « khettara » l’ensemble du dispositif de mobilisation des eaux souterraines.

De la  galerie d’irrigation au puits permettant de drainer l’eau de la nappe phréatique, et ainsi, de l’acheminer jusqu’au bassin de récupération ou directement aux canaux d’irrigation à ciel ouvert appelés seguias. Cette technique aurait vu le jour en Perse  il y a plus de 3000 ans et introduite au Maroc au cours du VIIe siècle lors de la conquête du Maghreb par les arabes.

La khettara est constituée de deux parties

La partie souterraine, légèrement inclinée, est celle qui draine l’eau par gravité de la montagne vers l’oasis.

– La partie conductrice, les seguias, déploient l’eau au sein de l’oasis.

Tout le long, à intervalles réguliers, des puits ont été creusés afin d’évacuer la terre au fur et mesure de l’avancée de la galerie. Ils restent précieux permettant plus facilement l’entretien des galeries souterraines. Cette eau sert essentiellement à l’agriculture, source de vie indispensable aux champs des oasis.

La gestion des eaux distribuées par une khettara obéit à des normes traditionnelles de répartition appelées droit d’eau. A l’origine, le volume de l’eau octroyé par usager était proportionnel aux travaux fournis lors de l’édification de la khettara et traduit en un temps d’irrigation durant lequel le bénéficiaire dispose de l’ensemble du débit de la khettara pour ses champs.

Encore aujourd’hui, lorsque la khettara n’est pas tarie, cette règle du droit d’eau perdure et une part peut se vendre ou s’acheter. Car il faut aussi prendre en compte la superficie des champs à irriguer de chaque famille.

Khettaras vers Erfoud

La route qui relie Erfoud à Tinejdad est bordée d’une khettara sur quelques kms.

On aperçoit d’étranges et imposants monticules de terre séchée, souvent surmontés d’une poulie en bois. A leurs pieds, à l’ombre des tentes berbères, des hommes attendent les voyageurs en sirotant un thé à la menthe. On y explique le fonctionnement d’une khettara. Et surtout un escalier à été creusé afin de descendre au sein de la galerie souterraine, celle-ci étant à sec peut se visiter.

ÉCOLOGIE ET COP22 – C’est une technique traditionnelle d’approvisionnement en eau qui risque de disparaître à cause de la désertification. Les khettaras, système d’irrigation ancestral au Maroc, étaient au cœur d’un débat organisé jeudi 10 novembre à l’espace « Société civile » de la COP22.

Les participants à cette rencontre organisée par la fondation Miftah Essaad pour le capital immatériel du Maroc ont ainsi lancé un plaidoyer pour sauvegarder ce système écologique qui transporte l’eau à travers des galeries souterraines artificielles.

« Cette rencontre a été l’occasion de mettre en avant l’efficacité des khettaras en tant que moyen écologique de canalisation souterrain permettant l’irrigation dans les zones arides et semi-arides au Maroc », rapporte le comité d’organisation de la COP22 dans un communiqué.

« Les intervenants à cet évènement ont passé en revue les dimensions écologiques et patrimoniales des khettaras, notamment en termes de préservation des oasis contre la désertification et de valorisation des ressources hydriques à travers la diminution de l’évaporation et la préservation de la nappe phréatique », poursuit le communiqué.

Vers une inscription au patrimoine de l’Unesco?

Selon Abdelati Lahlou, membre de l’association Meftah Essaad, « les khettaras sont une manifestation de l’adaptation de l’homme à la nature ». Ce dernier a ainsi plaidé pour l’inscription de ces systèmes d’irrigation dans le patrimoine de l’humanité de l’Unesco afin de les pérenniser et de pouvoir récolter les fonds nécessaires pour les réhabiliter.

« La COP22 constitue une occasion idéale pour faire connaitre le patrimoine écologique marocain et sensibiliser le public quant à l’importance de la valorisation des khettaras », a-t-il ajouté.

A l’occasion de cette conférence, la fondation a présenté les résultats d’une étude menée en 2014 et selon laquelle les khettaras, en tant qu’ouvrage technique hydraulique et écologique, « contribuent à la lutte contre la désertification et font barrage à l’exode rural », note le communiqué.

La disparition des khettaras risque ainsi d’entraîner l’épuisement de la nappe phréatique à cause du recours au pompage excessif des puits d’eau individuels, qui a des effets néfastes sur les réserves en eau.

http://www.huffpostmaghreb.com/2016/11/11/cop22-plaidoyer-sauver-khettaras-maroc-systeme-ancestral-irrigation_n_12910614.html