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Sijilmassa la cité oubliée

 

Sijilmassa est une étape incontournable pour les passionnés d’Histoire et d’archéologie. Quand vous contemplez cette cité oubliée, c’est un pan de plusieurs siècles d’Histoire du Maroc que vous pouvez embrasser du regard.

Sijilmassa se situe en périphérie de Rissani, à une centaine de kilomètres au sud de la ville d’Errachidia.

Sijilmassa, nous en découvrons quelques vestiges aux abords de Rissani.

Sijilmassa… un nom mythique pour une opulente cité qui fut fondée vers -757 par la tribu berbère des Meknassas. Aujourd’hui seuls les vestiges de ses imposants murs en pisé témoignent encore de sa gloire passée. L’histoire de cette ville se déroule sur plusieurs siècles et nous ne pouvons entièrement en faire le tour.

C’est pourquoi, afin d’avoir une idée de ce que pouvait être Sijilmassa du temps de sa splendeur nous nous appuierons sur une description d’Ibn Hawqual, un éminent géographe arabe du 10e siècle, qui voyagea dans tout le Maghreb et au delà.

Ce voyage d’Ibn Hawqual à Sijilmassa se déroula en 961. Voilà la raison pour laquelle ce récit est intéressant car à cette époque Sijilmassa était encore à son apogée. Ibn Hawqual est dithyrambique et voit en Sijilmassa une cité admirable, et ce, à tous les points de vue (économique, social et politique), il écrit :

Un lieu stratégique :

« Sijilmassa ressemble à Kairouan par la salubrité du climat et le voisinage du désert. Il y a en outre un commerce ininterrompu entre cette ville et le pays des Noirs et d’autres contrées, ce qui assure des gains abondants à l’aide des caravanes commerciales continuelles, avec la maîtrise des activités et un soucis de perfection dans la méthode et les affaires.»

En effet Sijilmassa fut un centre économique important. La ville su profiter pleinement de sa positon géographique qui en faisait un point de ravitaillement essentiel des caravanes. Ainsi les échanges commerciaux s’avérèrent prolifiques et lui assurèrent une richesse démesurée. Ibn Hawqual met aussi en avant la solidarité des habitants de Sijilmassa, notamment leur faculté à s’entraider les uns les autres en laissant de côté les querelles :

« ils agissent avec correction et leur zèle à accomplir de bonnes œuvres est courant. Ils montrent une tendance pieuse et chevaleresque à s’entraider : même si il y a des haines et des rancunes anciennes,ils se réconcilient en cas de besoin et rejettent toute dissension dans un sentiment de magnanimité et de tolérance

Le pouvoir politique est aussi un élément prépondérant de la réussite de Sijilmassa, notre éminent géographe est impressionné :

« enfin je dois dire que nulle part au Maghreb je n’ai vu plus de cheikhs d’une conduite aussi régulière, encourageant la science et les savants avec une élévation de pensée et des sentiments purs et nobles

Sijilmassa exista pendant plus de 12 siècles (753-1818).Cette métropole a connu un développement fantastique qui en fit jusqu’à une certaine époque un lieu renommé mondialement pour sa richesse et son dynamisme économique. Mais au fil du temps la cité périclita jusqu’à ce qu’elle soit attaquée et détruite en 1818 par les tribus de la confédération Ait Atta.

Sijilmassa a, en quelque sorte, été le berceau de la dynastie alaouite.

Erwan DELON, docteur en sociologie, Université Paris Ouest Nanterre La Défense pour sud-maroc.com

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